Né le 5 décembre 1936 — Décédé le 10 avril 2009
Après des études au Collège de l'Assomption et au Grand Séminaire de Montréal, Gilles Mc Duff est ordonné en la Cathédrale le 11 mai 1963 par S.E. M. le Cardinal Paul-Émile Léger.
Débutant son ministère en paroisse il est vicaire à Ste-Jeanne-d'Arc jusqu'en 1968. Il étudie ensuite à l'Institut des Sciences à l'Université de Louvain. Il est ensuite nommé aumônier au Service d'Orientation des Foyers (SOF) puis au Service de Préparation au mariage jusqu'en 1974.
Il assure la cure de Ste-Louise de Marillac jusqu'en 1980, alors qu'il devient curé de Ste-Angèle. Puis il assure l'aumônerie du centre d'accueil Cité des Prairies. De 1983 à 1986 il dessert diverses aumôneries : Institution Laval, C.E.C.M., C.A. Judith Jasmin, C.E. Robert Cliche.
En 1985 il est nommé curé à St-Vincent-de-Paul à Laval et il occupe cette fonction jusqu'en 1998. Il termine son ministère à la paroisse Saint-Fabien comme curé et par la suite comme chargé de ministère après avoir pris sa retraite.
Il est décédé le 10 avril 2009 et ses funérailles ont été célébrées par Mgr Jude Saint Antoine le 15 avril en l'église Saint-Fabien.
Extraits de l'homélie des funérailles :
Gilles a vécu un long carême, une montée vers Pâques particulièrement éprouvante, bien conscient de la mort qu'il voyait approcher. Il s'y était préparé depuis déjà plusieurs années, avec l'espoir de voir reculer le plus loin possible l'issu de cette fatalité. Gilles souhaitait tellement vivre, vivre encore longtemps avec ceux et celles qui l'entouraient de leur affection et de leur amitié, particulièrement les membres de sa familles et les nombreux amis rencontrés dans ses années de ministère, qui lui sont demeurés fidèles.
À la dernière visite que je lui ai faites, en me serrant longuement la main, Gilles pressentait, j'en suis certain, que c'était la dernière fois et que la fin était toute proche. Dans l'abandon, avec une certaine sérénité mêlée d'angoisse, il vivait ses derniers moments. Il entrait dans la grande semaine, la semaine sainte: la Dernière Cène avec l'institution de l'Eucharistie: le Corps livré, le Sang versé; le Vendredi Saint: Jésus qui se donne et va jusqu'au bout de sa vie. Gilles a vécu de bien près ces événements qui sont les signes de salut dont il était lui-même porteur et qu'il a célébrés dans son ministère de prêtre. Tentons de retracer les étapes de sa vie.
Gilles est né à Montréal, le 5 décembre 1936. Il est le fils d'Arthur Mc Duff et de Marie-Anne Provost. Il fait ses études secondaires chez les Capucins et sa philosophie au Collège de l'Assomption. Après sa formation théologique au Grand Séminaire de Montréal, il est ordonné prêtre à la Cathédrale le 11 mai 1963.
Vicaire à la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc, il est nommé ensuite aumônier du Service de Préparation au mariage et du Service d'orientation des Foyers, des tâches qu'il exerce quelques années avant de devenir curé de la paroisse Sainte-Louise-de-Marillac. Il exerce successivement la même responsabilité de pasteur aux paroisses Sainte-Angèle, Saint-Vincent-de-Paul et Saint-Fabien. Il a aussi exercé son ministère dans les écoles et le milieu carcéral.
À la retraite depuis quelques années mais encore actif, Gilles termine sa vie à l'infirmerie du Monastère des Frères capucins où il meurt vendredi dernier, le 10 avril.
L'évangile du jour rapporte les heures qui ont suivi la mort de Jésus, le désarroi des disciples qui faisaient route vers Emmaüs, la rencontre soudaine de Jésus qui se présente à eux, sans être reconnu, aveuglés par la peine, le découragement et la tristesse. Cheminant avec l'inconnu, attentifs à ses paroles, les disciples l'invitent, à l'entrée du village, à demeurer avec eux: « Reste avec nous: le soir approche et déjà le jour baisse ». Se mettant à table, à la fraction du pain, « leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent... Notre coeur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route ».
Comme ces disciples, nous rappelant tout ce que nous avons vécu avec Gilles, nous sommes nous aussi dans la peine. Nous avons besoin d'exprimer notre tristesse, de confier le vide créé par ce départ, la perte d'un frère, d'un oncle, d'un ami. Nous avons besoin de cheminer ensemble, de réentendre la Parole de Dieu, pour découvrir le sens et la signification d'un tel départ. Gilles lui-même a lu et relu ce passage de l'évangile de saint Luc, il s'en est pénétré pour lui-même et pour tous ceux et celles qu'il a accompagnés. C'est souvent après une longue marche, qu'on parvient à comprendre ce qui se passe.
Gilles a vécu des moments difficiles. Il a connu l'épreuve de la séparation et de la solitude, après une enfance protégée dans un milieu familial où souvent le plus jeune est un peu plus choyé et porté sur la main. Dans son journal quotidien, il nous a partagé ce qui l'habitait, il a manifesté ses états d'âme, ses inquiétudes, ses doutes, ses interrogations, ses peines et ses souffrances. Mais dans cet horizon un peu sombre, ont aussi apparu des lueurs de joie et de bonheur, expression de sa foi et de son espérance, traduites avec les mots du psamiste qui crie sa confiance et son goût de vivre.
Dans les dernières années de sa vie, particulièrement, Gilles a cheminé dans l'espérance, une espérance faite de patience, bien conscient de sa finitude et de ses limites humaines. Il a fréquenté quotidiennement l'évangile, il a médité la passion de Jésus qui est allé librement jusqu'au bout de l'amour. Aussi, a-t-il compris ce qu'il vivait, ce à quoi il ne pouvait se soustraire, sans s'enfoncer dans une existence vide et sans signification. Aussi, a-t-il pu donner un sens à ce quìl vivait de difficile. Il a suivi Jésus, il a porté sa croix, il a accepté cette souffrance inévitable, il a mûri avec elle, s'unissant au Christ souffrant: « Il m'a aimé et s'est livré pour moi », pouvait-il dire.
Ainsi a-t-il compris que l'espérance qui nous est donnée par la venue de Jésus dans la chair, n'est pas totalement accomplie: « La création toute entière crie sa souffrance et passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore ». Cette espérance lui a toutefois donné le courage de marcher jusqu'au soir, assuré de voir poindre la lumière.
En vous souvenant de tout ce que vous avez partagé avec lui, de ces rencontres familiales pleines de chaleur, de ces moments de détente entre amis autour d'une table, de ses homélies simples et concrètes, reliées à la vie, d'un baptême, d'un mariage, d'une célébration de funérailles, où Gilles parvenait à toucher les coeurs et à découvrir un passage d'évangile encore nouveau, nous lui exprimons notre reconnaissance. Avec lui, vous avez vécu des moments de joie, vous avez tissé des liens d'amitié. Merci encore, Gilles! Ainsi s'est-il révélé dans sa vie d'homme et de prêtre de Jésus-Christ, à travers des gestes et des paroles signifiantes partagés avec un grand nombre d'entre vous. Les yeux et le coeur plus ouverts à la lumière, comme les disciples d'Emmaüs, vous pourrez repartir avec un coeur tout brûlant, pour dire, à votre tour, votre foi en Jésus-Christ et proclamer qu'il est toujours vivant et ressuscité dans les personnes qui vous côtoient. AMEN!
(retour
haut de page)
|