Né le 1er octobre 1922 — Décédé le 24 novembre 2009
Jacques Baillargeon est né à Montréal, le 1er octobre 1922. Il étudie au Collège Sainte-Marie et poursuit sa formation théologique au Grand Séminaire de Montréal. Le 19 juin 1949, il est ordonné prêtre en la paroisse Saint-Louis-de-France par Monseigneur Conrad Chaumont.
Licencié en Théologie, il devient étudiant à l'Institut des Études Médiévales. Deux ans plus tard, il est assistant aumônier à l'Université de Montréal. En 1963, il est nommé aumônier à l'Institut Pédagogique et cinq ans plus tard à l'École Normale de Musique et à Villa Maria, jusqu'en 1971. C'est à ce moment que Mgr Paul Grégoire l'invite à prendre la responsabilité de la paroisse Saint-Jean-Berchmans jusqu’à son départ en 1991. Après une période sabbatique, l'abbé Baillargeon accepte de travailler comme vicaire aux paroisses Saint-Germain-d'Outremont et Saint-Joseph de ville Mont-Royal, jusqu'au moment de sa retraite en 1998 à la Résidence Ignace-Bourget.
Il décède le mardi 24 novembre 2009. Ses funérailles sont présidées par S.E. Mgr Jude Saint-Antoine, évêque-auxiliaire émérite de Montréal, en la paroisse de la Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie le 30 novembre à 11h00.
Extraits de l'homélie prononcée par Mgr Saint-Antoine :
Le prologue de l'Évangile de saint Jean nous présente le Verbe de Dieu, le Fils éternel du Père, Jésus-Christ, Parole de Dieu, incarnation parfaite du Seigneur sur la terre des hommes. Par Lui, la Vie se manifeste, la Lumière perce les ténèbres, le monde est illuminé. Cette lumière que nous apporte le Verbe, Parole incréée, le chrétien est appelé à l'accueillir et à la faire resplendir en lui et dans les autres. En partageant la vie de Dieu, en communiant à sa Parole, en devenant un peu plus tous les jours enfant de Dieu, fils du Père, en adoptant les attitudes de Jésus-Christ, en reproduisant ses gestes, il se rapproche de Dieu, il devient une image plus parfaite de Celui qui l'appelle à lui ressembler.
Jacques Baillargeon a compris cet appel et, toute sa vie durant, il a cherché à accueillir et à contempler cette Parole faite chair en Jésus-Christ. Comme Prêtre particulièrement, il a puisé à cette Parole pour la redonner à ses frères et sœurs.
Jacques s'est toujours distingué par son ouverture, la largeur de ses vues, la finesse de son esprit. Capable d'aborder tous les sujets, il aimait échanger ses idées et les défendre dans le respect de l'opinion de l'autre. Subtil et nuancé dans ses jugements, il pouvait s'élever dans les sphères de l'abstraction et ouvrir de nouveaux horizons. Jacques aimait la discussion et ses échanges n'étaient jamais banals et toujours renouvelés. C'est ainsi qu'il est perçu par les étudiants qui cheminent avec lui dans les longues années passées à l'université et dans les différentes institutions religieuses où il a exercé son ministère.
Le pasteur n'a pas moins été apprécié en paroisses et les évaluations faites par le vicaire épiscopal de son travail pastoral en témoignent largement : « le curé a l'approche d'un pasteur. Il est dynamique et généreux de sa personne et de son temps. Il s'adapte aux personnes et aux besoins. Il a une profondeur de pensée et un sage discernement. Il a le don de la parole et nous donne le goût de la prière. Ses homélies actualisées nourrissent notre âme, révèlent les fidèles. Comme saint Paul, il a la passion de la parole de Dieu. Il fait confiance aux laïcs et sait les interpeller. Il a toujours des projets en tête. Il rêve pour nous et nous rêvons avec lui, confie un paroissien. »
À une autre étape de sa vie de pasteur, on parle de sa présence dans le milieu: présence à toutes les célébrations dominicales, présence à chacune des activités pastorales. Présence aux personnes éprouvées par un deuil, présence aux familles à l'occasion de l'initiation sacramentelle. « Notre curé a un cœur d'or, il aime les enfants, il prépare ce qu'il fait et se donne corps et âme. Patient, il prend le soin d'écouter, il laisse une grande place aux laïcs et sait faire confiance. On aime travailler avec lui. Artisant de paix, il sait s'effacer, s'oublier. On souhaite le garder longtemps. »
Ce concert de louanges qui émerge des personnes qui vivent à ses côtés, en dit long sur la qualité de l'homme et du prêtre. Avec vous qui avez connu et apprécié Jacques Baillargeon, je pourrais sans doute ajouter à cet éloge. Je veux pour ma part mettre en relief l'intérêt que le pasteur a cultivé pour la parole de Dieu, une parole qu'il a d'abord présentée dans des cours de Bible durant quinze ans et qu'il a publiée jusqu'à la fin de son ministère dans un feuillet de quatre pages, un commentaire de la Parole de Dieu sous la forme d'une méditation de l'évangile du dimanche. La distribution de ce feuillet pouvait atteindre deux à trois cents copies.
La parole de Dieu est vraiment la passion de Jacques; une parole prise dans son sens littéral et spirituel, une parole adressée par Jésus aux disciples, une parole relue dans la première communauté chrétienne, écrite à un moment précis de l'histoire, enrichie par la réflexion des Pères dans la foi et véhiculée en Église à travers une Tradition vivante. C'est cette Parole que le pasteur accueille chaque semaine, en en faisant l'exégèse et en cherchant à la comprendre dans tout son sens. Cette Parole, Jacques l'a méditée, priée et délivrée avec amour à tous ceux et celles qui en avaient faim, en leur découvrant toute sa saveur et sa richesse. Il va sans dire qu'un grand nombre de fidèles ont toujours eu hâte de l'accueillir et d'y communier avec ferveur. Jacques rêvait de communiquer à ses confrères prêtres ce goût de la Parole de Dieu et de les rejoindre à la grandeur du diocèse: « un rêve qui pourrait peut-être devenir réalité », confiait-il à un ami.
Aussi, au moment d'une retraite bien méritée, au seuil du nouveau millénaire, le vicaire épiscopal pouvait-il reconnaître la qualité de la présence pastorale de Jacques Baillargeon en lui adressant ces mots bien sentis: « Vous avez été un pasteur dévoué, attentif à donner à vos paroissiens, adultes et enfants , une solide éducation dans la foi. Avec ardeur, vous leur avez réservé une catéchèse appropriée, des cours de Bible et même des feuillets bibliques personnels. En bon prédicateur, vous avez transmis la Parole de Dieu très fidèlement en l'adaptant à la vie quotidienne ».
Cette réflexion de la Parole de Dieu et son rayonnement, le pasteur les a accomplis à travers toutes les tâches du ministère, sans négliger le contact avec ses amis et sa famille, particulièrement avec sa mère qu'il rencontrait chaque dimanche dans un repas de fête. Les dernières années de sa vie ont été moins actives: vécues dans la maladie et les infirmités, elles ont été aussi fructueuses, meublées par la rencontre des confrères, par la prière silencieuse et la contemplation de la Parole. Jusqu’à la fin, Jacques est demeuré fidèle à lui-même, fidèle à ses amis, fidèle à son Seigneur rencontré chaque matin au cœur de son Eucharistie. Sous le regard maternel de la Vierge Marie qu'il a toujours priée dans les mystères du chapelet, Jacques Baillargeon est parti dans la paix et l'espérance de la résurrection en Jésus-Christ.
AMEN!
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