Né le 28 mars 1924, Claude Bonenfant poursuit des études classiques aux collèges St-Ignace et Ste-Marie, et des études en philosophie et en théologie au Scolastical Immaculée-Conception des Jésuites. Il est ordonné prêtre par M. le Cardinal Paul-Émile Léger le 18 juin 1959 en la paroisse de l'Immaculée Conception. Après 9 ans de ministère au sein de la communauté jésuite, il sera incardiné à l'archidiocèse de Montréal le 4 octobre 1968.
Il occupera le poste de curé à Ste-Gertrude de 1970 à 1975, puis de 1976 à 1981 il sera animateur de pastorale au Collège Laval. Après avoir été curé de St-François de Sales de 1981 à 1989, il meuble une retraite par du ministère d'entraide aux confrères jusqu'en 2002 aux paroisses St-Martin, St-Simon Apôtre, St-Théophile, St-Maurice de Duvernay, St-Norbert et St-Joachim.
Il décède le 14 avril 2010 et ses funérailles sont célébrées par S.E. Mgr Jude Saint-Antoine, le 19 avril 2010 en l'église Saint-François de Sales.
Homélie de funérailles prononcée par S.E. Mgr Jude Saint-Antoine :
M. l'abbé Claude Bonenfant a vécu son départ pour l'éternité dans le sillage des jours de Pâques, mystère de mort et de vie vécu en toute liberté par le Christ. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous donne l'espérance de revivre en lui, en découvrant des lendemains plus beaux et plus ensoleillés: une espérance qui transfigure le présent et nous ouvre sur l'avenir qui peut tout changer.
L'expérience humaine nous apprend que dans le plaisir le plus intense se mêle quelque chose d'angoissant, un pincement au cœur, qui fait regretter le plaisir éprouvé. Le Christ, Lui, nous apprend qu'il faut d'abord passer par la souffrance pour goûter la joie: « Au lieu de la joie qui lui était proposée, le Christ endura la croix », rappelle l'auteur de la Lettre aux Hébreux. En regardant en face la souffrance, sans fuir, sans tricher, le Christ nous invite à l'assumer au quotidien: « Celui qui veut être mon disciple, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ... S'aimer soi-même, c'est se perdre; se détacher de soi en ce monde, c'est se garder pour la vie éternelle ».
Le mystère d'un Dieu mort et ressuscité est la clef de l'existence humaine, la sève de l'évangile, le cœur de notre foi. De la souffrance et de la mort, à l'exemple du grain de blé jeté en terre, naissent la vie et la vraie joie. C'est la leçon de l'évangile. En régime chrétien, la vie et la joie ont le dernier mot... une joie et une vie éternelle: « Le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus », la mort n'exercera plus de pouvoir sur nous non plus.
M. l'abbé Claude Bonenfant, tout au long de sa vie, a expérimenté ce mystère de vie et de mort. Il a connu des moments difficiles mais aussi des jours heureux en assumant sa vie d'homme et de prêtre de Jésus-Christ. En un seul regard, tentons de parcourir les jalons de cette vie.
Claude est le fils d'Émile Bonenfant et d'Alysia Sauvé. Il naît â Montréal le 28 mars 1924. Il fait ses études primaires à la paroisse Saint-Pierre-Claver et ses études secondaires aux Collèges Saint-Ignace et Sainte-Marie. Après son entrée dans la Compagnie de Jésus, il poursuit sa formation philosophique et théologique au Scolasticat de l'Immaculée-Conception. Ordonné prêtre le 18 juin 1959, il enseigne six ans aux collèges de Sudbury, de Québec et de Saint-Boniface au Manitoba.
En 1968, il demande l'incardination au diocèse de Montréal, après avoir été vicaire à la paroisse Saint-Jean-Marie-Vianney durant six ans. En novembre 1970, Mgr Paul Grégoire le nomme curé de Sainte-Gertrude. Après un temps de repos et de ressourcement, l'abbé Bonenfant devient en 1976 animateur de pastorale au Collège de Laval, pour reprendre quatre ans plus tard la responsabilité de curé à Saint-François-de-Sales jusqu'au moment de sa retraite en 1989. Durant plus de dix ans, le pasteur exercera des ministères ponctuels en Floride et dans différentes paroisses du diocèse. Il termine ses dernières années au milieu de confrères à la Résidence Ignace-Bourget. Après quelques mois de maladie, l'abbé Claude Bonenfant s'éteint le 14 avril dernier, à l'âge de 86 ans.
Après ses années d'enseignement dans les collèges jésuites, en acceptant des tâches pastorales en paroisse, l'éducateur n'a pas rompu totalement avec le monde des jeunes. Aussi, le pasteur a-t-il donné beaucoup de temps et de sa personne à la pastorale jeunesse à la paroisse Saint-Jean-Marie-Vianney. À son départ, on regrettera sa bonne humeur, son accueil, sa disponibilité, son esprit de travail et sa collaboration à l'équipe des loisirs qui a l'impression de « perdre un père ». Cette première expérience positive l'incite à continuer l'exercice de son ministère en paroisse. Son contact facile avec les paroissiens, son leadership pastoral, son esprit de décision lui permettent de mener à bien tous ses projets : expériences en liturgie, accompagnement des fiancés et des couples dans les jeunes foyers, ainsi que sa présence auprès des malades et des personnes âgées sont toujours appréciés. Il se montre ouvert et désireux de travailler en équipe. Exposé à une certaine facilité, le pasteur se fait pardonner ses limites en cherchant à suppléer par son esprit évangélique, son humilité et sa bonté naturelle.
Surmené et épuisé, le prêtre a besoin de repos pour refaire sa santé. Il profite d'un congé sabbatique pour se ressourcer et se renouveler. Pèlerin en Terre Sainte et en Afrique, il découvre durant quelques mois les besoins pastoraux du Tiers-Monde et les expériences qui pourraient l'inspirer dans son ministère. À cette découverte s'ajoute la dimension spirituelle à laquelle il répond en suivant les Exercices de Saint-Ignace et quelques années plus tard en participant au stage de Rome. Cette recherche spirituelle manifeste le désir qu'a le prêtre de donner le meilleur de lui-même à ses fidèles en quête de Dieu. Aussi, à tous les moments de sa vie, cette inquiétude le poursuit, conscient des efforts qu'il doit déployer pour répondre à sa vocation de prêtre et à cette soif spirituelle. C'est ainsi qu'il révèle aux autres son Seigneur.
En contemplant son Seigneur, le pasteur a retrouvé la paix, il a vécu le détachement nécessaire face aux ruptures, aux abandons, à la maladie et à la mort. Contempler le Christ en croix, victime innocente du mal, qui va librement à la mort pour nous en délivrer. Ces moments, au delà du scandale qu'ils peuvent susciter, sont des moments de grâce. Ils permettent de se concentrer sur l'essentiel qui est l'instant présent, l'instant qui coïncide avec l'éternité, depuis que Dieu s'est fait l'un de nous. Aussi, dans une foi et une espérance renouvelées, alimentées par la prière et l'Eucharistie quotidienne, avec beaucoup d'amour, l'abbé Claude Bonenfant a pu franchir le passage de la mort à la vie dans la paix. AMEN!
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